Table-ronde sur la méthanisation en milieu rural dans le département du Rhône (06/10/14)

Synthèse de l'atelier n°3

 
 

Le3ème atelier abordait la question des différentes filières de valorisation du biogaz. Il s’appuyait sur le témoignage de Loïc Deplaude, Chef de projet méthanisation - Lycée agricole de La Motte Servolex.

Cette exploitation compte plusieurs ateliers, le principal étant l’élevage bovin avec production fromagère, auquel viennent s’ajouter l’horticulture, un élevage d’une race de mouton et un élevage d’escargots transformés sur place. Le digesteur est alimenté à 80% par des intrants produits sur place et 20% de déchets extérieurs d’origine agro alimentaire. La chaleur produite par cogénération est valorisée de manière différenciée selon les besoins et les saisons (eau chaude sanitaire pour la fromagerie, salle de traite, serres horticoles en hiver, digesteur, etc…).

Depuis3 ans de fonctionnement, l’exploitation de la méthanisation est conforme aux prévisions, notamment en termes financiers. La rentabilité est ainsi attendue au bout d’une durée d’exploitation de 7-8 ans.

Le biogaz produit par la méthanisation est ainsi valorisé en cogénération avec production d’une part de la chaleur, et d’autre part de l’ électricité, qui peut être revendue selon des tarifs d’achat fixés.

Ainsi la méthanisation lie l’ensemble de ces activités en un cercle vertueux :chaque atelier produit des déchets, qui sont récupérés et valorisés en énergie (chaleur)utilisée sur site.

Les moteurs de cogénération fonctionnent bien et sont fiables.

Le biogaz peut aussi être épuré et devenir un biométhane soit l’équivalent d’un gaz naturel.

Il peut être injecté dans le réseau de gaz naturel après odorisation. Dans l’avenir on aura différentes sources de biométhane : la ressource principale issue de la méthanisation des déchets, la gazéification de biomasse, des micro-algues,et issu de l’hydrogène avec méthanation. Selon les scénarios, on pourrait aller jusqu’à 54% de part de biométhane produit localement et injecté dans le réseau de gaz naturel. GrDF, outre son activité d’exploitant de réseau de distribution de gaz, entend ainsi promouvoir l’injection de biogaz dans le réseau. Il peut réaliser 2 types d’études susceptibles d’aider un maître d’ouvrage d’un projet de méthanisation à envisager une injection. La première est une étude prédétaillée qui, en fonction des intrants mobilisés et de la capacité de l’installation, estime la capacité du réseau à recevoir le gaz. La seconde est une étude plus détaillée indiquant plus précisément la quantité de gaz pouvant être injectée, ainsi que le coût du raccordement.

Enfin,la valorisation du biométhane sous forme de GNV (gaz naturel véhicule) / GNC(gaz naturel carburant) a été abordée par plusieurs intervenants. Elle permet d’intégrer le domaine de la mobilité, qui est un grand consommateur d’énergie fossile sur les territoires, et un domaine dans lequel les collectivités ont tout leur intérêt à agir (transport de passagers, benne à ordures ménagères…). Il s’agit d’une vraie opportunité de rendre le carburant « vert ». Selon les contraintes de mobilité, les différents modes de motorisation alternatifs au regard du diesel ont leurs avantages et leurs inconvénients. Mais le GNV et le GNL (gaz naturel liquéfié) sont rentables, polyvalents et matures. Les moteurs utilisant cette source d’énergie sont des technologies très propres, sans particules fines, peu sonores et déjà disponibles sur le marché. Celui-ci est d’ailleurs en plein développement.

Le biométhane produit permet aussi de biosourcer le gaz et de le rendre renouvelable n’émettant pas ou peu de CO2, et les garanties d’origine permettent de faire le lien entre la méthanisation et le camion.

Le fait que cette filière ne soit pas développée, n’est pas dû à la technologie. Il s’agit d’un cercle vicieux liant un déficit d’offre de station de ravitaillement au regard d’un très faible nombre de véhicules en circulation.La récente et nette progression des véhicules au gaz devrait inciter à investir dans le ravitaillement, d’autant que les coûts du diesel vont augmenter. Les transporteurs de marchandise de plus de 10 camions s’intéressent à cette solution et y trouvent une rentabilité. Les moteurs valorisant le gaz sont performants au regard des émissions des gaz d’échappement et de la puissance requise.

Les échanges avec la salle ont mis en évidence les points suivants :

- la valorisation directe du biogaz dans les tracteurs, sans épuration, n’est pas envisageable, moins à cause de la teneur en CO2 du biogaz que des impuretés qu’il contient. Il faut aussi tenir compte de l’équipement nécessaire pour concentrer le gaz, l’épurer, le compresser, le stocker, etc…ce qui ajoute un surcoût à l’installation de méthanisation et peut ainsi retarder sa rentabilité.

- Actuellement les postes « amont » à l’injection peuvent avoir un coût non négligeable pour une installation de méthanisation, tant en investissement qu’en fonctionnement annuel (compression, analyses, épuration, odorisation…). Ces coûts importants devraient baisser à l’avenir car les process vont évoluer et devenir de plus en plus matures. Il y a également des réflexions sur la mutualisation de l’injection entre plusieurs unités de méthanisation. Par ailleurs, les coûts annuels peuvent être dégressif dès lors que la tenue en qualité du gaz est bonne au fil du temps, d’où l’importance de la qualité des intrants.L’injection est une filière en émergence.

- témoignage de M.Loïc DEPLAUDE, Chef de projet méthanisation - Lycée agricole de La Motte Servolex:

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- intervention de M. LEROY - Directeur Territorial - Pays de l’Ain et Pays de Rhône - GRDF:

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- intervention de M. DEBILLY Responsable Adaptation Produit et Relations carrossiers - IVECO :

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