Table-ronde sur la méthanisation en milieu rural dans le département du Rhône (06/10/14)

Synthèse de l'atelier n°2

 
 

La gestion et la valorisation des digestats

La table ronde a reposé sur la présentation de M Thenoz, à la tête d’une exploitation de polyculture/ élevage dans l’Ain, dont le projet Methanea est en fonctionnement depuis 2 ans.

Il s’agit d’un projet de cogénération de 190kW. Les trois axes forts ayant sous tendu le montage du projet sont :

-la disponibilité d’un substrat de qualité et en quantité(lisier issu de l’atelier de porc notamment)

-la possibilité de valoriser la chaleur dans le périmètre

-la possibilité de valoriser les digestats dans de bonnes conditions agronomiques et environnementales

Il ressort de cette expérience le fort potentiel du digestat du point de vue agronomique grâce à l’apport d’azote ammoniacal (effet bénéfique sur prairie notamment).

Sa valorisation doit être pensée dans le cadre de complémentarités,dans ce cas entre atelier végétal et animal au sein de son exploitation.

M.Peillet , vice-président de la Chambre d’Agriculture a insisté sur l’intérêt des digestats, qui répondent à un besoin d’autonomie des exploitations par rapport à l’azote issu de l’industrie chimique. Des complémentarités sont à développerentre agriculteurs et éleveurs (apport de digestats sur céréales,et utilisation des cultures intermédiaires (luzerne) comme matière première par exemple).

Il a demandé à ce que puisse être autorisé le stockage des digestats au champ, et insisté sur la nécessité d’identifier en amont les caractéristiques agronomiques du digestat pour la mise en place des plans d’épandage, aspect sur lequel la chambre d’agriculture dispose d’une expertise.

Une des voies pour mieux valoriser le digestat, qui a un statut de déchet géré au travers de plan d’épandage, est de pouvoir l’homologuer comme « produit » (commercialisable, transportable, ...)

Mme Marthon Gasquet, chargée de mission matières fertilisantes au MAAF,a fait le point sur les avancées en la matière. Des homologations sont possibles auprès de l’ANSESagence de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail. Elles reposent sur un couple intrants/ procédé et peuvent donc concerner plusieurs sites sous forme d’homologation groupée. Les premières homologations ont été prises en février 2014, d’autres sont en cours.

Au-delà un projet de réglementation européenne est en cours qui devrait aboutir à l’horizon 2018.

M.Quintard, directeur adjoint de la DRAAFdirection régionale de l'alimentation de l'agriculture et de la forêt, insiste sur l’intérêt de la méthanisation comme une solution en zone vulnérable pour faciliter la gestion des nitrates. Dans ce cadre, il a insisté sur l’intérêt de développer des projets collectifs sur la base,notamment, de Groupements d’Intérêts Économiques et Environnementaux (GIEE), les services de l’État devant accompagner l’émergence des projets.

Les échanges ont mis en évidence que, s’il était nécessaire d’avancer sur l’homologation pour la valorisation du digestat, le développement d’échanges sur de longues distances devait faire l’objet d’une évaluation globale de la filière en terme de gain de CO2. Même si l’homologation donne plus de souplesse, les transferts de proximité sont possibles dans le cadre des plans d’épandage.

Les mesures d’épandage restrictives imposées sur les pentes dans le cadre du 5ème programme d’action nitrates sont pointées comme unfrein potentiel en la matière.

Il ressort des expériences que la gestion des digestats doit être appréhendée le plus en amont possible dans un projet.