Favoriser l'apprentissage du français pour les personnes étrangères
Le plan d'apprentissage du français pour les étrangers en situation régulière dans le Rhône
La politique du Gouvernement en matière d’immigration et d’intégration fait de la maîtrise du français une étape fondamentale pour l’entrée des étrangers sur le territoire et leur insertion dans la société française. Cet enjeu concerne particulièrement les femmes, souvent maintenues dans l’isolement et la précarité par la non-maîtrise du français (Loi de programmation pour la cohésion sociale du 18 juin 2005).
5000 personnes étrangères dans le Rhône n'avaient pas le niveau minimum de connaissance de la langue française
Dans le Rhône, les actions d’apprentissage du français financées par l’Etat à l’attention des primo-arrivants, signataire du Contrat d’accueil et d’intégration (CAI), ou des personnes résidant en France depuis plusieurs années (« hors-CAI »), n’apportent pas une réponse satisfaisante à la demande, notamment en matière de maillage territorial. Ainsi le constat a été fait que plus de 5000 personnes étrangères dans le Rhône n’avaient pas le niveau minimum de connaissance de la langue française.
Améliorer l'offre d'accompagnement linguistique
Le préfet du Rhône a donc décidé en octobre 2007 de mettre en oeuvre un plan permettant à tout étranger en situation régulière de recevoir un apprentissage effectif de la langue française débouchant sur un diplôme d’État reconnu au plan européen, le Diplôme Initial de Langue Française (DILF). Pour cela, il a souhaité améliorer l’offre d’accompagnement linguistique afin d’accroître son maillage territorial et d’augmenter son efficacité.
Pour recenser les besoins, la Préfecture du Rhône a mis en place un numéro vert (0800 970 669), relayé par une intense campagne de communication (affichage, spots radio, encarts-presse).
De plus, afin de compléter l’offre existante d’apprentissage du français dans le département, le préfet décide de faire appel au volontariat pour dispenser des cours au plus près de la résidence des bénéficiaires.
Les premiers résultats
- 105 volontaires donnent des cours
Les volontaires, majoritairement issus de la fonction publique (retraités de l’Education nationale et agents de préfecture) animent des ateliers de socialisation et d’initiation au français dont l’objectif est de préparer les personnes aux épreuves du DILF.
Ces ateliers sont organisés pour accueillir des groupes de 6 stagiaires au maximum sur deux créneaux de deux heures par semaine (gage de souplesse et de proximité).
Quatre vingt six volontaires, rémunérés, animent à ce jour 95 ateliers. S’y ajoutent dix-neuf bénévoles de la Croix-Rouge qui ne souhaitent pas être rémunérés.
Les volontaires dispensent des cours depuis le 3 mars 2008 dans des salles mises à disposition gratuitement par des communes que le préfet a sollicitées mais aussi des services de l’Etat ou des associations : quarante-cinq sites sont ainsi aujourd’hui proposés dans le département.
Grâce au numéro vert mis en place, plus de six cents personnes ont été orientées vers les ateliers : cent cinquante trois ont déjà obtenu le DILF depuis la session de mai 2008 (sessions mensuelles).
Les 3 et 4 juin 2008, une session du DILF a été organisée pour la première fois à Villefranche-sur-Saône, dans les locaux de la sous-préfecture : ceci a permis à cinquante-personnes habitant le nord du département de se présenter aux épreuves du DILF en évitant un déplacement à Lyon.
Grâce à ce dispositif, le Rhône représente à lui seul 25 % des admis parmi les candidats étrangers résidant en France depuis plusieurs années et donc exemptés de contrat d’accueil et d’intégration.
Les remises de diplômes
Pour valoriser l’obtention de ce diplôme, le préfet a organisé depuis le mois de décembre 2007 plusieurs cérémonies de remise du DILF qu’il préside personnellement. Ces cérémonies, au cours desquelles il remet directement les diplômes dans les salons de la Préfecture, sont particulièrement importantes pour les lauréats. Le DILF est pour beaucoup de personnes le premier diplôme qu’elles obtiennent, ce qui est source de fierté et les encourage dans leur parcours d’intégration.
Une accélération du plan à partir d'octobre 2008
Pour accentuer l’ampleur de ce plan, le préfet a souhaité faire appel à toutes les compétences. Ainsi, de nouveaux volontaires, notamment des étudiants et des diplômés en Français Langue Étrangère ainsi que des enseignants en activité, sont mobilisés là où les besoins sont les plus importants (Est du bassin lyonnais) et sur les territoires ruraux.
Par ailleurs, certains volontaires déjà mobilisés ont la possibilité de démarrer un nouveau cours.
Enfin, il est proposé aux volontaires qui le souhaitent de prendre en charge un groupe de préparation au diplôme d’études en langue française, le DELF.