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Michel DELPUECH, Préfet de la région Rhône-Alpes, rend hommage au droit de vote des femmes

 
Michel DELPUECH, Préfet de la région Rhône-Alpes, rend hommage au droit de vote des femmes

En 1945, les femmes de France votaient pour la première fois. Afin de rendre hommage à ces pionnières, le Préfet de la région Rhône-Alpes et du Rhône Michel DELPUECH a souhaité remettre une médaille à six lyonnaises parmi ces premières électrices.

Vous trouverez ici le discours prononcé à cette occasion par Michel DELPUECH :

Mesdames,

Madame Simone Millaud, épouse Charret,

Madame Jeanine Ranque, épouse Pelet,

Madame Jeanine Savoye, épouse Peysson,

Madame Yvette Bertrand,

Madame Madeleine Bertagnolio,

Madame Marie-Geneviève Dajean,

Il y a 71 ans, quasiment jour pour jour, le Gouvernement provisoire du Général De Gaulle à Alger prenait une ordonnance qui débutait par ces mots : « Les femmes sont électrices et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes ».

Un acte de liberté, au moment où la France et la République retrouvaient la leur. Un acte qui avait trop tardé. On dit à ce propos que la 3e république anticléricale craignait que le vote des femmes soit trop influencé par le sermon du curé le dimanche matin.

Un acte en tout cas dont se sont saisi avec force les femmes de notre pays, et qui se traduisit dans les faits dès 1945, avec la participation massive des femmes aux élections municipales les 29 avril et 13 mai, cantonales en septembre, et pour l'élection de l'Assemblée Constituante, le 21 octobre 1945.

Mais cette ordonnance du 21 avril 1944 était avant tout le résultat d'une longue lutte. Sous la révolution française, Olympe de Gouges avait milité pour le suffrage des femmes. En vain.

En 1840 le suffrage avait été déclaré « universel », il ne l'était qu'à moitié. Dans les années 1880 Hubertine Auclert ou Louise Weiss firent partie des premières militantes du droit de vote féminin. Au début du 20e siècle le mouvement s'incarne dans les « suffragettes » créées au Royaume-Uni en 1903. On le retrouve devant les grilles de la Maison Blanche en 1916...

Et en France, le mouvement reprend de la vigueur après la 1ere guerre mondiale qui avait tant éprouvé les femmes de notre pays.

L'ordonnance de 1944 était donc une reconnaissance, pour toutes ces femmes qui, durant les deux guerres mondiales, avaient remplacé les hommes dans les champs et les usines, et pour toutes celles qui participèrent, avec courage et une volonté extraordinaire, aux combats de la Résistance.

Reconnaissance et hommage posthume, aussi, à toutes les disparues, et en particulier à toutes celles qui furent déportées et exterminées.

J'ai grand plaisir à rencontrer aujourd'hui certaines des actrices de cette époque charnière, et c'est avec beaucoup de respect, et en mesurant l'honneur qui est le mien, que je vous remettrai tout à l'heure la médaille de la Préfecture.

Mesdames, vous avez connu ces heures, vous êtes les premières à avoir voté, et vous constituez, encore aujourd'hui, un exemple pour les nouvelles générations.

Vous avez été témoins des progrès des droits des femmes réalisés durant les décennies suivantes, mais malgré ces avancées réelles, le chemin de l'égalité est loin d'être allé jusqu'au bout.

C'est notamment vrai dans la vie publique...

En effet, comme le disait récemment Bernard CAZENEUVE, le Ministre de l'Intérieur, malgré l'introduction dans notre Constitution de l'objectif de parité appliqué au système électoral (1999) ou la mise en place du scrutin binominal paritaire pour les dernières élections départementales, bien des progrès restent à accomplir.

A l'Assemblée Nationale et au Sénat, les femmes ne constituent qu'un quart à peine des élus.

Malgré l'élection de près de 209 000 femmes lors des municipales de 2014, avec la parité dans les communes de plus de 1000 habitants, seules 16 % des mairies et 8 % des intercommunalités sont dirigées par des femmes.

Enfin, avec les dernières élections départementales, la parité est parfaite dans les assemblées, avec (50 % hommes 50 % femmes) mais seules 10 présidences sur 101 départements leur ont été confiées.

Autant de faits réels, autant de chiffres têtus, qui montrent le chemin restant à parcourir.

Le rôle de l'Etat, mon rôle, est d'agir jour après jour pour que l'égalité inscrite dans le marbre de nos lois se traduise dans les faits, par une égalité réelle.

Concrètement, mes services, en particulier la délégation régionale aux droits des femmes et à l'égalité, dont je tiens à saluer les représentantes présentes ici, s'emploient à impulser, piloter et animer cette politique qui repose sur deux grands axes : l'égalité entre les femmes et les hommes dans la vie professionnelle, économique, politique et sociale ; et la prévention et la lutte contre les violences sexistes.

Cette mobilisation s'est traduite ces dernières années par plusieurs actions notables. Je citerai en particulier :

- l'expérimentation « territoire d'excellence pour l'égalité professionnelle » qui a permis de financer 80 actions orientées vers l'égalité hommes / femmes ;

- le plan d'action régional pour l'entrepreneuriat des femmes, signé par l'Etat, la caisse des dépôts et la Région ;

- et enfin une convention régionale en faveur de l'égalité filles / garçons dans le système éducatif, qui sera effective en juin de cette année.

Ce ne sont que quelques actions parmi bien d'autres, mais elles vont toutes dans le sens d'une amélioration constante et concrète des droits des femmes, et constituent à mes yeux de vraies priorités.

Chère Simone Millaud, épouse Charret

Chères Jeanine Ranque, épouse Pelet

Chère Jeanine Savoye, épouse Peysson

Chère Yvette Bertrand,

Chère Madeleine Bertagnolio,

Chère Marie-Geneviève Dajean,

Mesdames, vous avez été parmi les premières femmes de France à faire valoir votre choix à travers un scrutin.

Vous six avez montré le chemin de la citoyenneté. Vous six avez transmis ces valeurs et permis à d'autres jeunes d'accéder à ce droit qui fait la fierté de notre République.

C'est le sens de la distinction que j'ai tenu à vous remettre personnellement. Il s'agit d'une médaille gravée spécialement pour commémorer le droit de vote des femmes.

Elle comporte plusieurs symboles de la ville de Lyon et de notre département, en particulier Jean Moulin, le créateur du Conseil National de la Résistance, qui a lui aussi oeuvré pour les droits des femmes, mais sans avoir pu voir l'aboutissement de ses efforts.

Merci de votre exemple, mesdames.

Vive la République ! Vivent les femmes ! Vive la France !