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Commémoration de l'Armistice 1918

 
 
Commémoration de l'Armistice 1918

11 novembre 2015
La Mulatière - Carré musulman
Commémoration de l'Armistice 1918
Allocution de Michel DELPUECH,
préfet de la région Rhône-Alpes, préfet du Rhône

Cérémonie commémorative de l'Armistice de 1918

 

Allocution de M. Michel DELPUECH, Préfet de la région Rhône-Alpes, Préfet du Rhône

 

Nous commémorons depuis l’an passé le centenaire de la Première Guerre mondiale.

Cette guerre évoque d’abord les grands champs de bataille de Champagne, de la Marne, des Ardennes et de la Somme : des régions entières de notre sol, durablement marquées par les terribles combats, livrés par  des hommes venus du monde entier : les immenses nécropoles du nord et de l’est de la France rappellent à travers les alignements de sépultures, la mémoire des soldats français, belges, britanniques, néo-zélandais, indiens ainsi que celle de nos ennemis d’alors, Allemands et Austro-Hongrois. Jamais conflit n’avait touché jusqu’alors autant de nations. Toutes se sont battues avec bravoure et détermination. 

Des monuments comme l’ossuaire de Douaumont à Verdun, comme la chapelle de Notre-Dame-de-Lorette en Artois, comme le Grand-Dormans dans la Marne, ou le Vieil-Armand dans les Vosges furent construits dans les nécropoles nationales au lendemain du conflit et  veillent désormais sur le repos de ceux qui reposent là : ils sont chacun pourvus d’une tour lanterne qui brille tous les soirs dans la nuit, entretenant la flamme du souvenir.

 Mais la guerre sévissait aussi sur le Front d’Orient, dans les Dardanelles et sur la péninsule de Gallipoli où nos troupes étaient engagées contre l’Empire Ottoman. C’est là que  la plupart des soldats musulmans qui reposent ici se sont battus. Ils avaient quitté les régions ensoleillées de la Méditerranée, laissé leurs familles  pour rejoindre la mer Egée, où leur sort n’était guerre enviable : ils souffrirent de l’éloignement de leurs bases de soutien : un cargo mettait une dizaine de jours pour franchir la distance séparant Marseille de Salonique. La région était pauvre et ne pouvait nourrir l’armée. Les conditions de vie y étaient rudes et  le manque d’eau potable et de nourriture favorisaient les maladies : les blessures y étaient plus vulnérantes qu’ailleurs.

Ces conditions sanitaires dramatiques ne pouvaient qu’accélérer la fin de ceux qui furent blessés au combat. Les autres furent rapatriés dans la région lyonnaise, dont la vocation hospitalière fut confirmée pendant le conflit : les lignes ferroviaires étaient directes depuis Marseille et les compétences médicales du personnel formé dans l’école de santé de Lyon permettaient la prise en charge d’un grand nombre de blessés.

 C’est la destinée tragique de ces soldats que nous rappelons aujourd’hui. Et nous le faisons en songeant qu’il s’en est fallu de peu que l’histoire du caveau musulman de la Mulatière ne disparaisse totalement. La mémoire est fragile et cela doit nous rendre plus que jamais vigilants.

  En mon nom personnel et au nom du gouvernement de la République, j’exprime l’hommage que la nation doit à ces hommes qui ont dû abandonner les rives sud de la Méditerranée pour rejoindre le combat de la patrie contre ceux qui la menaçaient.

  Ces hommes ont donné leur sang pour la France, comme tant de leurs compagnons d’armes, quelle qu’ait été leur origine, quelle qu’ait été leur religion, quelle qu’ait été la couleur de leur peau. Quelle leçon de fraternité pour notre pays aujourd’hui !

 France, ceux qui reposent ici appartiennent à la cohorte de tes plus braves enfants.