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48e journée de la Résistance - Hommage à Jean Moulin

 
48e journée de la Résistance - Hommage à Jean Moulin

Le dimanche 21 juin, Michel DELPUECH était présent à Caluire pour rendre hommage à Jean MOULIN dans le cadre de la 48e journée de la Résistance.

A cette occasion, M. le Préfet a prononcé un discours, que vous pouvez lire ici :

Préfet, comme l’était Jean Moulin, récemment nommé à Lyon, capitale de la Résistance, je mesure l’honneur qui est le mien de représenter l’Etat et le Gouvernement de la République en ces lieux-mêmes où, il y a 72 ans, jour pour jour, Jean Moulin était arrêté. Et je mesure aussi l’humilité qui doit être la nôtre dans l’hommage que nous lui rendons.

*

« Il est des heures où servir son pays, à quelque poste que ce soit, a un tel caractère d’impérieuse obligation, que c’est tout naturellement et avec enthousiasme que les hommes de bonne volonté trouvent les forces nécessaires à l’accomplissement de leur tâche », ainsi s’exprimait le préfet Jean Moulin à la session ordinaire du Conseil général d’Eure-et-Loir le 8 mai 1939.

Hélas, l’avenir lui donne vite raison : le 15 juin 1940, alors qu’il est resté en uniforme à son poste de préfet et s’attend à être fait prisonnier par l’armée allemande qui vient d’envahir Chartres, il écrit à sa sœur Laure : « … je ne savais pas qu’il était si simple de faire son devoir quand on est en danger. »

On sait la suite. Des officiers de la Wehrmacht veulent le contraindre à signer un document accusant à tort les tirailleurs sénégalais de l’armée française de massacres de femmes et d’enfants, visiblement victimes de bombardements allemands. Jean Moulin refuse de signer malgré les coups qu’il subit et tente de se trancher la gorge, craignant de céder aux tortures à venir. Par ce geste héroïque, il mettait en œuvre ses profondes convictions républicaines et entrait en résistance, avant d’être révoqué par Vichy en novembre 1940.

En arrêtant Max le 21 juin 1943, peu de temps après que Jean Moulin eut réuni pour la première fois le Conseil National de la Résistance, rue du Four à Paris, le 27 mai 1943, Klaus Barbie espérait avoir porté un coup fatal à la Résistance française. Il n’en était heureusement rien. En trois ans ce jeune préfet de quarante ans avait su unifier les mouvements de Résistance, les accorder sur l’essentiel (la lutte contre l’occupant et contre Vichy) et leur faire reconnaître l’autorité du général de Gaulle. La résistance intérieure et la France libre étaient désormais unies dans le même combat vers la libération de notre pays.

Après son arrestation, le courage de Jean Moulin ne se dément ni dans les locaux de la Gestapo avenue Berthelot, ni à Montluc ; il oppose le silence aux coups de Barbie ; il atteint comme le rappelle sa sœur « les limites de la souffrance humaine sans jamais trahir un seul secret, lui qui les savait tous.»

72 ans après, le courage de Jean Moulin inspire respect et admiration. Et, pour un serviteur de l’Etat, son exemple brille au firmament des gloires de la République. Comme De Gaulle, il a sauvé l’honneur de notre pays, au moment même où d’autres sombraient dans la collaboration.

Il était juste que Jean Moulin fût transféré il y a cinquante ans au Panthéon, incarnant selon les mots d’André Malraux « tout ce peuple d’ombres, qu’il anima, qu’il symbolise ». Il est rejoint cette année par Pierre Brossolette, Geneviève De Gaulle-Anthonioz et Germaine Tillion, qui représentent comme lui l’héroïsme de la Résistance mais aussi l’horreur des bagnes nazis.

Il est également rejoint par Jean Zay, ministre de l'éducation nationale du gouvernement du Front Populaire, assassiné par la milice à l'été 1944, parce qu'il était juif, républicain et homme de conviction.

Tous quatre ont ainsi rejoint Jean Moulin, « ses lèvres qui n’avaient pas parlé », « sa pauvre face informe du dernier jour », « le visage de la France » qu’il était ce jour-là, pour reprendre les mots-mêmes d’André Malraux, le 19 décembre 1964 au Panthéon.

Que Jean Moulin incarne à jamais le courage et la défense des valeurs républicaines ; que son exemple éclaire, chaque jour, l’action de celles et ceux qui gèrent le bien public et les préserve des bassesses, lâchetés et turpitudes ; et, ainsi que Georges Pompidou l’avait si bien dit de De Gaulle, que dans l’âme nationale, Jean Moulin vive éternellement.